Photos du Sahara

Définition de la relation Tourisme, Patrimoine et Culture

Notre époque a vu émerger cette prise de conscience de la nécessité de préserver et de mettre en valeur le patrimoine et les cultures de l'humanité.

Dans le même temps, un phénomène nouveau s'est développé : le tourisme. Il a un aspect très positif car il permet un accès à la connaissance, il suscite la réflexion, il rapproche les peuples, il favorise la paix et l'élargissement des consciences, il contribue à l'essor économique du pays. Mais il peut être également terriblement destructeur. Mal organisé, mal géré, il peut dans un temps très court, détruire de façon irréversible des trésors que l'humanité a su façonner et préserver tout au long de son histoire.

La responsabilité des organisateurs du tourisme est donc déterminante.

Le Tourisme aujourd'hui : Etat des lieux

La Mauritanie est un pays très vaste, essentiellement saharien, à faible densité de population. Ses habitants ont acquis au fil des siècles une personnalité forte, empreinte de dignité et de fierté. Et le désert, par sa rudesse et ses exigences, a forgé un peuple à part. Ce peuple est détenteur aujourd'hui d'un certain art de vivre. Loin du stress, du bruit, de la pollution, il vit une relation simple entre le ciel et la terre.

Le monde occidental dans sa course effrénée au progrès est en déficience de repères, d'authenticité, de valeurs simples et vraies.

Il y a donc une attirance de plus en plus forte d'une certaine catégorie de population pour ce désert de Mauritanie.

Longtemps boudé par les grands tour-opérators par la difficulté de réaliser des voyages de qualité, la fermeture du tourisme en Algérie, l'insécurité au Tchad, au Niger et au Mali, l'accès difficile en Libye ont placés la Mauritanie au premier rang des destinations sahariennes.

Les ingrédients sont réunis pour que le tourisme se développe. La chance de ce pays est que presque tout reste à faire. Il est donc possible de tirer des enseignements des expériences de pays voisins afin de ne pas reproduire les mêmes erreurs.

 

Le choix d'un tourisme de qualité 

Le tourisme dans ce pays ne peut être que de qualité :
des petits groupes, encadrés par un personnel soucieux du  respect des visiteurs et des visités, ainsi que des lieux.

Choisir la quantité serait catastrophique pour le pays. Cela aurait pour conséquence de rebuter définitivement la clientèle en recherche d'isolement, de silence, d'authenticité, de vraies rencontres, une clientèle respectueuse des valeurs, des traditions, des coutumes... et donc à terme de tuer l'intérêt même de venir dans ce pays.

Faire venir en grande quantité des touristes est donc une démarche suicidaire : dégradation des populations, des édifices, de l'environnement, pillage des vestiges archéologiques, etc...

Il n'y à donc pas d'alternative :
- ou il est développé un tourisme de qualité et ce sera l'honneur et une des richesses de ce pays
- ou il est cédé à la facilité, à la médiocrité et ce pays sera détruit dans ces valeurs entraînant son lot de conséquences: insécurité, vol, mendicité, prostitution, drogue, alcoolisme, etc...

Information des droits et des devoirs des touristes (charte éthique du voyageur).

Le respect est le gage d'une meilleure rencontre
Chaque pays vit selon un rythme qui lui est propre. Dans certains cas, la hâte et l'impatience ne sont pas les meilleurs moyens de s'attirer la sympathie.

Les tenues trop moulantes, trop dénudées, trop ostentatoires ou trop décontractées sont susceptibles de choquer sous certains cieux. Il en va de même des codes régissant les contacts corporels (caresser la tête d'un enfant, serrer la main d'une femme pour un homme, s'asseoir à côté d'une femme, s'embrasser en public...).

Une bonne photo se fait avec son sujet, pas contre lui. Les photographes ont tout à gagner à prendre le temps d'établir un climat de confiance,, à demander l'autorisation de filmer ou de photographier (auprès des parents pour les enfants) e à se conformer aux éventuels refus.

Il est préférable de ne promettre d'envoyer des photos aux personnes photographiées que si on est certain de pouvoir respecter son engagement (y compris dans le cas où une contrepartie ou une rétribution est demandée).

Respecter les vaccinations conseillées permet d'éviter l'introduction de maladies dans le pays visité. Il est important d'utiliser les traitements antipaludéens en respectant les recommandations de l'OMS: surdoser présente le risque d'augmenter la résistance des souches au détriment des populations locales.

 

L'argent, les biens, la nourriture n'ont pas partout la même valeur
La différence de niveau de vie entre le voyageur et la population du pays d'accueil, lorsqu'elle existe, peut être à l'origine d' incompréhensions et de dérives. Etre accueilli dans un village ou une famille équivaut dans certains cas à un grand sacrifice pour les populations locales. Ce qui est offert au voyageur, tout comme ce qu'il offre, doit être mesuré en valeur locale.

Dons et cadeaux ne sont pas des gestes innocents. Ils peuvent parfois prendre une connotation condescendante, méprisante ou déplacée (jeter par exemple des pièces ou des bonbons à des enfants afin de s'en débarrasser ...). Les cadeaux, dons et pourboires trop importants compte tenu du niveau de vie général du pays visité déstabilisent les équilibres économiques locaux. Les enfants qui reçoivent de l'argent pour des photos ou parce qu'ils mendient ne sont plus scolarisés, gagnent plus d'argent que leur père : ceci peut créer d'importantes distorsions dans les structures familiales (non respect du père et des anciens).

Certains dons peuvent s'avérer dangereux lorsqu'ils sont distribués au hasard, notamment les médicaments. Les hôpitaux et dispensaires lorsqu'ils existent, sont souvent plus à même de les gérer. De la même façon, les bonbons et sucreries ont des conséquences longtemps après notre passage ( caries dentaires ).

Utiliser les hôtels, les transports locaux, les services rémunérés des populations locales (guides, cuisiniers, chameliers...) est souvent le meilleur moyen de les faire bénéficier directement de l'argent du tourisme.

Un appareil photo ou simplement une paire de chaussures peuvent être l'équivalent de plusieurs mois ou d'années de salaire aux standards du pays visité. Les exhiber ou les traiter sans ménagements peut s'avérer choquant ou être mal compris.

Le marchandage fait culturellement partie de la tradition commerciale de certains pays. S'y refuser est souvent mal interprété et peut contribuer à l'augmentation du coût de la vie. En revanche, il ne faut pas oublier que des sommes dérisoires pour le visiteur peuvent être d'une grande importance pour celui qui les reçoit.

En règle générale, les voyageurs doivent se garder d'abuser de la tentation de populations démunies à vendre des objets sacrés, traditionnels, ou faisant partie du patrimoine du pays (sauf si ils sont réalisés à la seul fin d'être vendus aux touristes).

Seule reste l'empreinte de nos pas et le souvenir de l'amitié échangée
L'espace naturel et les sites culturels sont souvent les principales richesses touristiques d'un pays et la première motivation des voyageurs qui s'y rendent. Les voyageurs ont un responsabilité vis à vis de l'environnement du pays d'accueil.

Les voyageurs se doivent d'éviter de laisser derrière eux leurs déchets, quels qu'ils soient. Tous les moyens permettant de limiter les déchets nés du tourisme doivent être utilisés. Mieux vaut limiter, dans ses bagages, les emballages qui devront être laissés sur place.

Il est préférable de rapporter avec soi les déchets non destructibles après un voyage dans un pays ne disposant pas d'infrastructure d'élimination des déchets.

Certains écosystèmes fragiles imposent le respect de précautions particulières : ne pas sortir des sentiers, conduire hors piste, limiter le piétinement, ne pas utiliser de moyens de locomotion à moteur, etc.

Certains "souvenirs" qui font partie du patrimoine naturel du pays d'accueil ne doivent pas quitter celui-ci. Les graffitis ou autres traces sont des mutilations souvent ineffaçables.

L'eau potable est parfois une denrée rare qu'il faut utiliser avec parcimonie et éviter de polluer. Les voyageurs doivent préférer autant que possible les lessives sans phosphates, les savons biodégradables, faire leur toilette en aval des habitations et à distance des points d'eau potable. 

Il vaut toujours mieux obtenir l'autorisation pour utiliser le puits ou la pompe d'un village et ne pas se laver à proximité, même si les habitants le font.

Par notre présence nous pouvons apporter de l'argent, utile au développement de certaines régions du monde, par notre naïveté ou nos maladresses nous pouvons également provoquer des dégâts irrémédiables. L'une des clefs essentielles pour pallier cela est simple: s'informer. Nous croyons qu'il n'y à pas de bons ou de mauvais voyageurs, mais seulement des gens mal informés.

 

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Economie durable

Ci-contre, extraits d'une conférence sur le tourisme responsable dans le désert. Mais beaucoups des principes énnoncés s'appliquent à d'autres parties du monde.